Bonjour bonjour !

Je peux enfin vous parler de ce livre qui m’a tant intrigué lorsque je travaillais en librairie en décembre dernier, car la libraire le conseillait quasiment à chaque fois. C’était son gros coup de coeur de la rentrée littéraire 2015. Et plus elle en parlait, plus j’avais envie moi aussi d’y goûter. Aujourd’hui c’est chose faite ! Et je vais commencer ma critique par partager avec vous la quatrième de couverture, elle vaut vraiment le coup qu’on la lise.

 » À Bologne, il couche avec Bianca dans un amphithéâtre du XVIIème et il échappe à un attentat à la bombe. Ici, il manque de se faire poignarder dans une bibliothèque de nuit par un philosophe du langage et il assiste à une scène de levrette plus ou moins mythologique sur une photocopieuse. Il a rencontré Giscard à l’Élysée, a croisé Foucault dans un sauna gay, a participé à une poursuite en voiture à l’issue de laquelle il a été victime d’une tentative d’assassinat, a vu un homme en tuer un autre avec un parapluie empoisonné, a découvert une société secrète où on coupe les doigts des perdants, a traversé l’Atlantique pour récupérer un mystérieux document. Il a vécu en quelques mois plus d’événements extraordinaires qu’il aurait pensé en vivre durant toute son existence. Simon sait reconnaître du romanesque quand il en rencontre. Il repense aux surnuméraires d’Umberto Eco. Il tire sur le joint. »
Le point de départ de ce roman est la mort de Roland Barthes, renversé par une camionnette le 25 février 1980. L’hypothèse est qu’il s’agit d’un assassinat. Dans les milieux intellectuels et politiques de l’époque, tout le monde est suspect.

Ce roman est complet ! Tout y est : humour, suspense, politique, littérature, histoire, histoire de l’art, potins, sexe etc. L’auteur part d’un fait réel : la mort de Roland Barthes et le transforme en un complot gigantesque, dans lequel plusieurs pays sont impliqués. Une enquête est menée tout au long du récit pour essayer de comprendre par qui et pourquoi le linguiste a été tué. Mais le commissaire Bayard et son jeune consultant Simon ne s’attendaient pas exactement à vivre toutes ces aventures pour découvrir la vérité. Tout le monde semble impliqué : Mitterand, Giscard, Solers, Kristeva, les Bulgares, les Japonais, les jeunes Apollons que côtoyait Barthes, Derrida, BHL, Lang. L’auteur nous montre l’élite de l’époque sous un tout nouveau jour. Des fêtes, du sexe, de la drogue, des messes basses, des ennemis, de la haine, de la jalousie mais aussi et surtout de la linguistique. Et notamment cette fameuse septième fonction du langage, qui sort d’on ne sait où et qui aiderait à prendre le pouvoir. Entre faits réels ou fictifs, la frontière est floue, les personnages s’y perdent, tout comme nous lecteurs. Et l’auteur s’amuse de cela, il joue avec les mots, nous apostrophe et nous fait douter.

Quel roman exceptionnel ! Vraiment ! La libraire ne mentait pas, on en redemande ! Je ne connaissais pas Laurent Binet avant cet ouvrage mais je crois que je vais ajouter à ma liste ses précédents romans : HHhH sorti en 2010 et qui a obtenu le prix Goncourt du premier roman ou encore Rien ne se passe comme prévu (2012). Je vous recommande vraiment La septième fonction du langage, même si parfois on est un peu perdu dans les théories philosophiques et sémiologiques qui sont citées, ça n’enlève pas le plaisir de la lecture et l’envie de connaître la suite.