Rien ne résiste à Romica – Valérie Rodrigue

avril 12
1 Commentaire

Bonjour à tous !

Me voilà de retour de Porto, avec la grippe certes mais aussi et surtout avec de très chouettes souvenirs de cette superbe ville !

J’ai profité de ce séjour et des 4 heures de vol allé retour pour lire cet ouvrage envoyé par le groupe des éditions Anne Carrière. Il s’agit de Rien ne résiste à Romica, écrit par Valérie Rodrigue et publié aux éditions Plein Jour. L’auteure est écrivaine mais aussi journaliste. Ce récit est celui de son amitié avec une jeune femme rom, Romica.

Je ne vous apprends rien quand je dis que nous, français, sommes plein de préjugés. Pour la majorité, les « roms » sont synonymes de complications et même de criminalité si l’on est tout à fait honnête. Vols, casses, campements illégaux, prostitutions, trafics etc. Pourtant, les roms sont simplement des roumains pauvres qui ont quitté leur pays pour essayer d’avoir une seconde chance, de mieux vivre en Europe de l’ouest. C’est le cas de Romica et de son mari Izac, mariés de force, l’une à 14 ans, l’autre à 17. Il n’y avait rien pour eux en Roumanie, alors ils ont donné toutes leurs économies pour partir s’installer en France. C’était pour eux l’Eldorado, les histoires qu’on racontait au pays sur cette nouvelle vie faisaient rêver.
Mais la réalité était tout autre. Des camps de fortune à côté d’autoroutes, des cabanes en bois et taule, la manche, la décharge surnommée Las Vegas car l’on y trouvait parfois des trésors. La jeune Romica, enceinte, un bébé dans les bras ne supportait plus cette vie à mendier devant une poste parisienne.
Valérie Rodrigue, journaliste, a commencé à s’investir dans des camps de roms pour l’aide aux devoirs des quelques enfants scolarisés. C’est à partir de ce moment-là qu’elle a vu, vraiment vu, la jeune femme et son bébé qui mendiaient devant la poste de son quartier. Rapidement, elle a voulu les aider, leur apporter son soutien, les connaître même. C’est ainsi qu’est née leur invraisemblable amitié et qu’a commencé le long et fastidieux parcours d’insertion de Romica en France. La jeune fille était pleine de fougue, intelligente et ambitieuse, même si parfois il était plus facile de retourner au camps avec les autres, plutôt que d’essayer de s’en sortir.
La journaliste s’est démenée pour aider cette famille, pour faire valoir leurs droits sur le territoire français. Elle a monté de nombreux dossiers et a patienté avec eux dans les administrations. Elle s’est alors rendue compte combien la France est belle sur le papier mais un peu moins dans la réalité. Le moindre papier manquant, la non-application de nouvelles lois, l’impatience des fonctionnaires territoriaux envers les émigrés, plein de « détails » qui montrent l’hypocrisie de notre pays : Liberté, Égalité, Fraternité.

Ce roman fait éclater de nombreux préjugés et clichés, il montre l’envers du décor, le côté des roms qui sont ici pour s’en sortir et non pour nous « voler ». On sent la fibre journalistique dans l’écriture de Valérie Rodrigue, qui donne à l’histoire un ton honnête et expose les faits avant tout. Leur amitié est belle, même lors des disputes et des renoncements. On a envie que Romica aille au bout de ses rêves, comme Valérie, surnommée Angel par la jeune fille. On s’aperçoit aussi qu’il y a des gens en France capables de se battre pour les autres, pour les étrangers et c’est un souffle d’espoir qui fait du bien.
J’ai vraiment apprécié cette lecture courte (174 pages) et quasi documentaire et remercie encore Fanny pour cet envoi.

  1. Yna

    avril 15

    Je ne connaissais pas ce livre, ni cette collection ! Le sujet à l’air très intéressant !
    Je vois que tu reviens de Porto, j’y suis allée le mois dernier et comme toi j’ai pu visiter la librairie Lello & Irmao, sublime !

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