La nuit, nous grandissons – Ben Brooks

juillet 27
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Bonjour tout le monde !

Je viens de terminer ma lecture du moment : La nuit, nous grandissons de Ben Brooks, publié par La Belle Colère. Ce livre m’a été envoyé par Fanny que je remercie une nouvelle fois. Cet ouvrage est en librairie depuis le 19 mai dernier. Il a été traduit de l’anglais par Marie de Prémonville. Ben Brooks est un jeune auteur anglais prometteur, avec 6 livres à son actif. Il a 19 ans à la sortie de La nuit, nous grandissons dans sa version originale Grow up, chez Canongate en 2011. Impressionnant non ?

À 17 ans, Jasper Wolf n’a, comme son nom l’indique, rien d’un agneau. À cet âge décisif où l’on doit bâtir son avenir, Jasper, lui, a d’autres priorités : s’éclater avec ses potes, coucher avec la plus jolie fille du bahut et faire accuser son beau-père de meurtre, histoire que celui-ci dégage du paysage. Mensonges à répétition, plans machiavéliques, il ne reculera devant rien pour parvenir à ses fins ; le tout sans jamais penser aux conséquences, car malgré son immaturité, Jasper sait que tout ce qu’il vit à cet instant précis, il le vit pour la première et la dernière fois. Pourtant, derrière ce masque d’adolescent égoïste et cruel, accro aux fêtes, à l’alcool, à la drogue, au sexe sans lendemain et aux films porno, se cache un jeune homme sensible et perdu qui préfère s’inventer une vie que de se confronter à la sienne. 

Jasper n’est définitivement pas le personnage adolescent auquel on a plutôt l’habitude de s’attacher dans un roman. Il est égoïste, obsédé, fainéant, malsain, prétentieux et méchant, bien qu’il puisse aussi être un bon ami et un fils concerné. Dans La nuit, nous grandissons, il est le narrateur. On le suit dans son quotidien : le lycée et les examens de fin d’année, la maison avec son « meurtrier » de beau-père, les amis et les fêtes où tout est dans l’excès. Toujours plus de drogue et d’alcool, toujours plus de filles à baiser. Oui baiser, disons-le crûment, comme le fait Jasper. Il n’a pas peur des mots et Brooks partage les moindres pensées de son narrateur.
La génération de Jasper est appelée la génération Y ou la génération Internet par les plus âgés, mais Jasper et ses amis ne s’y retrouvent pas vraiment. Ils ont juste envie de profiter avant de quitter le lycée et de devoir trouver un plan pour l’avenir. L’Armée, l’université, le mariage, les enfants, tout ça leur fait peur. Ces ados de la classe moyenne britannique sont en manque de repères et s’accrochent à ce qu’ils connaissent et ce qui est facile : le sexe, l’alcool et la drogue. Pour le reste, on verra plus tard.

J’ai eu du mal à accrocher à cet ouvrage car j’ai eu du mal à « supporter » Jasper. Pourtant, il n’y aucun doute que l’auteur a du talent et sait retranscrire les malaises d’une génération. C’est seulement quelques pages avant la fin que j’ai commencé à sourire et à comprendre que cet adolescent n’était finalement pas si malsain que cela. Alors qu’il essaie d’écrire un roman, Jasper se rend enfin compte dans les derniers chapitres qu’il a toutes les clés en main :

Je sors mon bloc-notes planqué derrière une bêche et me remets à mon roman. Il est presque terminé. C’est l’histoire d’un jeune homme, doté d’un charisme incroyable et de beaucoup d’esprit, qui essaie de comprendre ce qu’il est censé faire de sa vie, et comment. Il y a tous les ingrédients que je voulais : une pseudo-scène de viol (encore désolé, Georgia), une pseudo-révélation (encore désolée, Keith) et une pseudo-morale. Je ne sais pas encore quelle est la morale de l’histoire, mais ce qui est certain, c’est qu’il y en aura une.
Je suis Holden Caulfield dans L’Attrape-coeurs, mais en moins irresponsable et en beaucoup plus beau

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