Je suis une fille de l’hiver – Laurie Halse Anderson

mars 7
2 Commentaires

Bonjour tout le monde !

Je voudrais vous parler aujourd’hui du livre Je suis une fille de l’hiver de Laurie Halse Anderson, publié aux éditions La Belle Colère en octobre 2016. Cet ouvrage m’a été envoyé par Mathilde, que je remercie beaucoup. Il a patiemment attendu sur ma bibliothèque pendant plusieurs mois que je daigne l’ouvrir, maintenant que c’est chose faite, je me dois de vous en parler. Quel roman poignant ! Tellement d’émotions, de violence aussi mais toujours d’une justesse absolue.

Lia et Cassie étaient amies depuis l’école. « Filles de l’hiver », elles ont grandi prisonnières de corps fragiles et concurrentes dans la course morbide à la minceur. Elles ont 18 ans maintenant, et leurs chemins se sont séparés. Malgré cela, Cassie a appelé Lia 33 fois la nuit de sa mort. Et Lia n’a jamais répondu.
La voici seule à présent, hantée par les souvenirs, ravagée par la culpabilité et toujours obsédée par la maigreur. Commence un long monologue intérieur, poétique et fiévreux, si juste et nécessaire.

Les « filles de l’hiver » sont de celles qui errent sur Terre dans un corps prêt à lâcher, coincées entre la vie et la mort, perdues dans des limbes où flotte le nombre de calories pour chaque aliment qu’elles osent avaler. Pour Lia, il y a toujours un nouvel objectif à atteindre, être toujours plus mince 43kg, 42,8kg, 42kg, 40kg, 38kg. Elle ne sera finalement satisfaite que lorsqu’elle atteindra le zéro, alors elle n’existera plus. Et c’est finalement peut être le plus simple. Cassie aurait gagné, elles seraient toutes les deux réunies de l’autre côté. Malgré cette envie furieuse, ce mal-être permanent qui l’envahit, Lia se raccroche à quelques éléments. Notamment à sa petite soeur Emma qui ne mérite pas de souffrir de sa perte. Ses parents également, bien que tout ce qu’ils cherchent, c’est l’enfermer de nouveau « pour son bien ». Lia doit se battre contre une montagne de sentiments plus forts les uns que les autres, contradictoires et douloureux. À 18 ans, la vie devrait être beaucoup plus simple et joyeuse.

Je dois bien avouer que cette lecture n’est pas simple à digérer. Quelle claque ! Certains passages sont très durs, la description des sentiments mais aussi de l’auto-mutilation que s’inflige parfois Lia est juste et brute. Mais cet ouvrage est nécessaire il me semble pour tenter de comprendre la détresse que peuvent ressentir certains intérieurement. On ne veut généralement pas les croire, ce qui ne fait qu’empirer leur état, comme celui de Lia. J’avais déjà lu des ouvrages sur les troubles alimentaires chez des ados, mais rien à voir avec l’oeuvre de Laurie Halse Anderson. C’est un livre qui marque et dont je me souviendrai un bon moment.

  1. megan

    mars 9

    Merci beaucoup pour cette critique, je prends en note cet ouvrage!

    Au plaisir,
    Megan
    http://www.lapageouverte.com

    • Manon

      mars 10

      Merci à toi pour ta visite 😉

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